Archive pour la catégorie ‘Les mysteres de Kelibia’
Bir Ennahhel
Le présent article a été publié en 2006 dans l’ancienne version du portail Kelibia.net, il a été traduit à l’arabe et publié dans un journal quotidien avec d’autres histoires de la même rubrique que nous réinsérons dans le portail afin de permettre à nos chers visiteurs de les lire
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Bir ennahhel
” Bir ennahel” se trouve au bords de la route qui ramène au haut du borj du coté nord/ouest, implanté au milieu des habitations, il s’agit d’un puit très ancien, mais gigantesque, borné par deux murs en forme triangulaire qui ont la forme de deux ailes. C’est aussi un puit relativement profond mais contrairement aux puits de sa génération (au moins ceux qu’on croyait de sa génération jusqu’aux années 80) il est bien constitué de l’intérieur et parait à l’œil nue comme une sorte de tunnel.
Jusqu’aux année 80 si mes informations son bonnes, il a été toujours considéré comme un puit d’irrigation puisque d’une part il est implanté au milieu d’une terre agricole fertile, ensuite son eau est douce et quasi inépuisable.
Nos ancêtres ont été souvent impressionnés par la beauté de ce puit à deux ailes et n’ont cessé de raconter une histoire étrange de ce puit qui parait être une légende. Peu après, le temps c’est écoulé et les générations qui les ont suivies ont oublié ou presque son histoire mystérieuse, et même ceux qui ont continué à la raconter ne l’ont jamais cru.
Un beau jour après l’indépendance de notre pays, les fouilles archéologiques ont découvert un site archéologique très important autours du puit, il s’avère que le puit est beaucoup plus ancien qu’on le croyait, et son importance est beaucoup plus grande qu’un simple puit d’irrigation, il s’agit d’une réserve qui faisait vivre toute une ville antique, il alimente en effet une série de puits à proximité.

Bir ennahhel aujourd'hui: remaquez bien comment ses ailes lui ont été découpées par actes de vandalisme, de délaissement et de manque d'entrtient
C’est à partir de ce moment que la mémoire de nos pères s’est rafraîchie et l’histoire est réapparue. A l’époque mon père m’avait raconté son histoire comme beaucoup d’autres gens et moi je l’ai entendue avec beaucoup d’attention et de curiosité d’enfance et je l’ai oubliée au fil du temps.
Dix ans plus tard ou même un peut plus, en 1994 , j’ai été au Maroc dans la ville de Oujda, chez un vieillard enseignant de Coran dans un « kouttab » et qui pratiquait un autre métier en parallèle (censuré), le bonhomme m’a accueilli très chaleureusement comme tous les marocains d’ailleurs et m’a parlé de la Tunisie, de Jebel Jloud, de Testour et puis soudainement sans qu’il soit informé de la ville d’où je venais, il a commencé à me raconter l’histoire du puit. L’histoire moi je la connaissais, mais ce qui m’a vraiment surpris, c’était d’abord qu’elle soit connue au Maroc, ensuite les détails que le marocain connaissait et que nous les kélibiens ne connaissons pas, en fin je crois… bref l’histoire est la suivante :
Un jour d’une année du dix-neuvième siècle, un kélibien dénommé ****, est parti en Arabie Saoudite pour le pèlerinage ( le marocain m’a raconté des détails sur le voyage qui se faisait à cette époque à dos d’animaux, mais je vais éviter de les raconter pour ne pas alourdir le sujet ) après avoir accompli son devoir religieux, le bonhomme se prêta à faire des courses et des provisions pour son voyage de retours, lorsque quelqu’un lui piqua tous ses soues, à cette époque le pèlerinage n’était pas aussi encadré et organisé qu’aujourd’hui, la Mecque et la Médine étaient pleines de gens de toutes races et couleurs qu’il était très difficile voir impossible d’identifier quelqu’un ou de tomber sur une connaissance, bref, il n’avait pas réussi à se débrouiller et n’avait trouvé aucun exutoire que de s’assoire au bord de la route des caravanes et de prier Dieu que quelqu’un vienne à son secours. Heureusement qu’il était « Haj » alors ses prières ne l’avaient pas déçu et le secours n’avait pas tardé à venir puisque deux jours plus tard, un jeune homme l’avait remarqué et venait à son aide. Il l’invita alors chez lui et lui donna à manger et à boire pendant quelques jours jusqu’à ce qu’il s’était rétabli alors il lui donna de l’argent et l’accompagna aux souks de la Médine ou il avait fait ses provisions pour le voyage du retour. Quelques minutes avant son départ, le bonhomme était tellement ravi et ne trouvait pas les mots pour remercier son sauveteur quand celui-ci lui demanda un service. C’est un puit géant, à deux ailes, majestueux, disait-il, il est juste au nord-ouest de la colline de Kélibia dans les terres des héritiers du « Hajj Slimene Ben Slimene », je te demande d’y jeter ce petit sac et veille à ce qu’il soit lancé droit dans l’eau précisa-il. Le service était tellement étrange et bizarre mais aussi facile à concrétiser ce qui empêcha le Hajj qui était tellement surpris par la générosité de son sauveur de demander des explications.
Quelques semaines plus tard, la caravane du pèlerinage avait débarqué au cap bon et le pèlerin se trouva au milieu de sa famille et ses connaissances qui étaient très inquiets pour son retard mais qui tout de suite s’étaient occupées par la cérémonie qui avait eu lieu à l’occasion de son retour.
Les quelques jours qui avaient suivi l’événement avaient été très chargés et peu à peu le hajj avait oublié sa mésaventure et l’histoire du puit. Six mois plus tard, le bonhomme était en train de fouiller les affaires de la Mecque quand il tomba sur le petit sac que son sauveteur lui avait confié et c’est à ce moment qu’il avait décidé de tenir sa promesse. Il monta alors a dos de son âne et prît le chemin du Borj.
Reconnaître le puis n’était pas une tâche très difficile à cette époque puisqu’en arrivant au site de destination, le puit était très remarquable et facile repérer. Il s’y approcha alors et regarda à travers son ouverture et vit ce qu’il n’avait jamais vu dans un puit : une vaste pièce de forme rectangulaire dont les cotés étaient embellis de rochets dures on dirait du marbre. C’était comme s’il avait été sculpté au milieu d’une strate rocheuse. Sur le coté de droite il y’avait une ouverture qui devait mener quelque part et juste au milieu, un trou avait été creusé pour en extraire l’eau.
Après un bref moment de curiosité, il sorti le sac de ses poches et le balança dans l’eau comme prévu. Soudainement, un bruit très aigu était sorti du fond du puit et un nuage sombre et très dense d’abeilles avait décollé et s’était dirigé droit vers lui, juste avant de prendre la fuite, le hajj avait essayé de se protéger le visage en tapant avec les mains dans tous les sens et avait réussi à abattre quelques abeilles en les faisant tomber par terre.
A quelques mètres du puit il vît l’armée d’abeilles monter dans le ciel et prendre la direction de la “quibla” il s’étaitalors rassuré et se rapprocha de nouveau. Au bord du puit une énorme surprise était à son attente: il trouva par terre cinq pièces d’or pur sculpté en forme d’abeille.
Depuis ce temps, l’histoire s’était répandue dans toute la ville de kélibia et même dans tout le Cap-bon le puis avait été nommé “bir ennahhel” depuis ce temps qui en français veut dire le puis de l’apiculteur. Les habitants de la ville comme tous les rêveurs des fortunes n’ont jamais cessé depuis déjà deux siècles d’y jeter tout genre de sacs y compris les ordures, sauf qu’on a oublié l’histoire du puit mais on n’a toujours pas oublié la coutume.
FIN.
Ecrit par Kais, à Kélibia le 04/06/2006







